FO sera signataire de l’accord majoritaire sur l’accompagnement social du projet de réorganisation de CPF

19 avril 2018

Les salariés de Proxi ont payé le prix fort des restructurations, ce sont donc les ED, ex-Dia, reversés dans la structure Carrefour Proxi qui ont le plus trinqué : fermeture d’un nombre conséquent de magasins, licenciements et transferts vers la location-gérance.

Malheureusement, une chronique d’un démantèlement devenu inéluctable, conséquence des politiques sociales et commerciales, tarifaires, d’assortiments, ainsi que d’une gouvernance d’entreprise menée au seul profit de l’actionnariat. Tout cela s’est fait au détriment d’une cohérence commerciale économique et d’investissements laissant plusieurs milliers de salariés sur le carreau ! Le groupe a pourtant largement profité des avantages fiscaux du crédit d’impôt pour la compétitivité d’emploi il y a quelques années seulement. En effet, plus de 400 millions d’euros ont été distribués à une entreprise qui va aujourd’hui imposer un dramatique plan social à ses salariés.

Dia, le hard discounter qui a servi de tirelire aux actionnaires. Réalisée en juillet 2011, la scission ne rapportera pas un euro de liquidité au groupe Carrefour, pour investir ou mieux payer ses salariés. Ce sont les actionnaires qui ont reçu un dividende exceptionnel en nature, prenant la forme d’actions de Dia.

Rappel de l’histoire : En 2014, le groupe Carrefour a racheté 813 magasins Dia en France, ti6 ont été cédés sous la décision de l’ADLC, 600 devaient passer sous les enseignes Carrefour City, Market, Bio, Express ou Contact Marché. 160 magasins devaient ainsi être fermés, ou cédés, selon l’implantation locale. Le scandale de la cession de huit sites au groupe Gastt laissant 4ti salariés sur le carreau et sans salaires, a suffisamment alimenté la chronique sociale et judiciaire, nous obligeant à devoir poser des questions sur les conditions de ventes et d’acquisitions de magasins. A ce titre, notre Organisation Syndicale sera plus que vigilante sur les conditions d’acquisitions des futurs repreneurs dans ce présent projet. En effet, les enseignes de distribution choisissent souvent de planter leurs drapeaux à grand renfort publicitaire, percevant au passage des aides de l’état, du département et des communes, puis ferment sans préavis, paupérisant la Cité, et leurs lieux d’implantation, laissant résidents, clients, voire leurs propres salariés dans le désarroi le plus complet.

Pour les salariés transférés en location-gérance, ils subiront un glissement progressif de leurs conditions vers un moins disant social, tandis que leur nouvel employeur transgressera les lois de la République considérant sa structure comme une zone à part dans laquelle il applique sa propre législation, en dépit des règles de droit applicables. Ce process délocalisé de gestion commerciale par voie de transfert des magasins est absolument mortifère pour les droits sociaux des salariés.

À la suite de la décision unilatérale du PDG Alexandre Bompard, encouragée par des actionnaires toujours plus offensifs, de mettre en place un PSE ayant notamment pour conséquence la fermeture ou la cession de 273 magasins, les élus Force Ouvrière ont d’emblée affirmé leur opposition aux lourdes conséquences sociales de ce plan.
Le rassemblement massif du 1er mars devant le siège de Carrefour à Massy, à l’appel de FO, où plus de 1500 salariés ont manifesté leur colère,
a été une étape essentielle pour contraindre la Direction à entendre clairement notre volonté de faire valoir nos revendications pour une réelle sauvegarde de l’emploi et l’accompagnement efficace de chacun.

Pour Force Ouvrière, il est clairement apparu indispensable de construire un cahier de revendications ambitieux en faveur du reclassement interne, de la formation, de la majoration indemnitaire et du congé de reclassement afin de permettre un retour à l’emploi pérenne pour chacun des salariés et en tenant compte des souhaits et aspirations de tous.

C’est donc par un dialogue responsable que Force Ouvrière a choisi de peser dans la négociation pour imposer ses revendications et offrir un maximum d’opportunités à chaque salarié. Tous les combats pour l’emploi, les salaires, la dignité sont bons à mener, et quand on se bat on obtient des choses. La mobilisation paye. La légitimité des actions ne saurait être discutée ou remise en cause.

Les aménagements que nous avons obtenu sur les mesures destinées à favoriser le reclassement interne et à limiter les effets des licenciements prononcés, ne l’ont été que grâce au rapport de force engagé avec la Direction. Force Ouvrière estime avoir obtenu les garanties nécessaires en termes de reclassement et de formation notamment. Pour cela nous serons signataire de l’accord majoritaire relatif à l’accompagnement social du projet de réorganisation de l’activité de la Société CPF.

Mais attention ! Tous les salariés du groupe Carrefour sont en danger. Pour certains c’est la fin d’une carrière, d’une vie professionnelle parfois en les poussant vers la sortie. Et pour ceux qui restent ?

La logistique, verra bientôt arriver l’automatisation. Il en est de même de Market qui chaque année voit un nombre croissant de magasins passer en location-gérance, avec les mêmes effets que la Proxi : pertes des emplois et reculs des droits sociaux.

Dans les hypers, la restructuration des services PAM et les stations-services, ainsi que la réduction des surfaces non alimentaires vont faire fondre les effectifs ! On en parle peu ! Pourtant toutes et tous sont durement impactés dans ce grand chambardement, qui n’est pas fini !

FORCE OUVRIÈRE ne fera aucune concession sur le respect des engagements pris par la Direction dans ce présent accord.