Déclaration de Bruno Biguet, délégué syndical Proximité, au comité départemental de l’UD 93

15 juin 2018

Mes chers camarades

C’est non sans une certaine émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui, me donnant ainsi la possibilité de faire entendre la voix des presque 2000 salariés de la Proximité chez Carrefour qui vont rentrer à partir du 1er septembre dans ce qu’on appelle abusivement un plan de sauvegarde de l’emploi, anciennement connu sous la dénomination de plan social, et qui, quel que soit le patronyme plus ou moins opportun, conduira au licenciement économique de nos camarades.

Toutefois la combativité et la stratégie mises en place par les élus FO de la Proximité ont permis, dans un environnement extrêmement toxique de déférence aux actionnaires et face à la radicalité des annonces du PDG Bompard, d’ouvrir le champ des possibles à tous les salariés par la construction sans concession d’un accord sur le PSE inédit, tant sur la
durée du congé de reclassement que sur les mesures d’accompagnement notamment en matière de budget de formation et de reclassement interne.

Alors, bien évidemment, aucune auto satisfaction dans mes propos, car le constat est là, nous sommes bien en présence d’une de ces brutalités sociales dont le patronat a le secret.

Néanmoins, notre capacité à mobiliser et à convaincre nos camarades de soutenir le combat, notre stratégie de négociation, la façon avec laquelle nous avons pesé sur ces négociations, peut en toute modestie être inspirante pour des combats futurs, hélas très proches nous le craignons.

Être responsable et force de proposition dans le cadre de la construction d’un accord de PSE, n’a certainement pas voulu dire pour nous, s’isoler et se compromettre dans une salle de négociation.

Bien au contraire, nous n’avons eu cesse d’organiser et de prendre appui sur la mobilisation de nos camarades salariés au travers d’actions dans la rue, afin d’instaurer et de maintenir pendant plusieurs mois un rapport de force et une tension médiatique pour peser sur les négociations.

Un des épisodes notables fut la mobilisation du 1er mars ou 2000 salariés se sont rassemblés à l’appel de Force Ouvrière devant le siège de Massy.

Partout en France et tout au long de ces derniers mois, nous avons su mener également des mobilisations ponctuelles sur certains magasins afin d’entretenir la contestation. Je pense au magasin Vistule de Sandrine qui est là aujourd’hui, à mon magasin sur la rue de Vaugirard, où à chaque fois nous avons pu compter sur les équipes magasins, les élus FO, la FGTA et les UD, et notamment l’UD du 93, au travers de son secrétaire Reza Painchan, tant il a été un appui humain et logistique tout au long de la procédure.

Pour finir, le combat ne saurait s’arrêter là, car le travail d’accompagnement de chacun de nos camarades salariés ne fait que commencer.

Aussi bon que puisse être un accord durement négocié, il nous appartient maintenant de le faire vivre et d’imposer un respect strict des engagements à la direction.

Il en va de notre crédibilité, de notre engagement syndical, et du développement de Force Ouvrière.

Les élus Force ouvrière se doivent toujours et encore de porter les débats, de convaincre, de s’adapter, d’accompagner…
Mes camarades, plus que jamais, Vive Force Ouvrière, vive l’UD du 93, Vive l’engagement syndical !