Manifestation du 9 octobre, et après, où nous emmènes-tu Pascal ?

La Confédération FO a choisi de suivre la CGT dans son appel à manifester le 9 octobre 2018. L’objectif ? Dénoncer une politique gouvernementale qui s’en prend à nos acquis sociaux dans le sillage dévastateur des lois Travail. Les motifs légitimes de mécontentement à l’égard des lois qui sapent notre modèle social sont nombreux, avec leur lot de conséquences néfastes sur le pouvoir d’achat des salariés et retraités, ainsi que sur les capacités que nous, organisations syndicales, avons à notre disposition pour défendre leurs intérêts.

Sur le fond, nous partageons ce constat, avec certes des différences, mais c’est aussi cela qui fait notre richesse à FO, cette capacité à débattre et à avancer ensemble.

Sur la forme, il en va tout autrement. Certes, nous sommes loyaux envers notre Confédération, nous avons relayé son appel, et certains d’entre nous sont descendus dans la rue. Mais combien ? Et avec quels résultats ?

Soyons lucides un instant.

Qui à FO veut d’une Confédération qui soit une CGT-bis ? Quel adhérent FO se retrouve dans une organisation qui se contente de dénoncer vainement en gesticulant plutôt que de négocier pied à pied pour améliorer concrètement ce que la loi propose, ce que nous faisons chaque jour dans les entreprises ? Quelle équipe syndicale FO souhaite s’associer à une CGT qui dans le secteur privé incarne ceux qui ne proposent rien, ceux qui insultent, ceux qui nuisent à l’image du syndicalisme constructif ?

La faible mobilisation d’hier apporte un début de réponse.

Nous avons l’audace de penser que chez FO, nous sommes le syndicat de la fiche de paie, le syndicat du résultat. L’association avec la seule CGT est contre-productive et fait figure de repoussoir pour nos militants. Pourquoi avoir accepté de rejoindre la CGT sans les autres grandes confédérations ? Est-ce un choix délibéré pour faire plaisir à une minorité de mandatés coupés du terrain ?

Aujourd’hui, l’union de toutes les confédérations syndicales est la condition sine qua non pour entamer un début de rapport de force. Sans elle, salariés et retraités n’obtiendront rien.

Pascal, nous sommes mobilisés pour porter haut les couleurs de FO, mais celles-ci doivent refléter nos valeurs, pas leur antithèse.

Michel Enguelz, délégué de groupe FO Carrefour