Gilets Jaunes : les délégués nationaux FO Carrefour prennent position

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, la situation semble inextricable, les images sont terribles et les revendications exposées par les Gilets Jaunes, bien que justifiées et légitimes, sont parfois contradictoires.

Les violences exercées troublent les consciences. Ce qui en émerge, au-delà de ces exactions et dégradations inacceptables, ce sont les volontés de vivre dignement de son travail, d’un renouveau politique et d’une prise en compte du quotidien des habitants de notre pays.

Les revendications sur les salaires, la prime transport et le moratoire sur les taxes sont les nôtres et ce depuis des années, elles sont syndicales, et nous font partager la demande du plus grand nombre. Les autres sont de nature politique. Ainsi, fidèle aux principes édictés par nos anciens lors de la création de FORCE OUVRIÈRE, elles nous incitent à nous en tenir à distance.

Le refus du gouvernement et du Président de la République, de considérer les organisations syndicales comme interlocuteurs et de prendre en compte nos revendications a conduit à cet affrontement direct entre le pouvoir et les plus revendicatifs qui sont de plus en plus excédés et poussés à bout.

Les Gilets Jaunes, en repoussant les partis politiques, les organisations syndicales et toute forme de représentation, rendent le dialogue quasiment impossible. Notamment par l’absence d’interlocuteurs désignés par la base.

Nous ne pouvons que constater, jour après jour, un enracinement de la contestation anti-pouvoir cristallisée sur la seule personne du Président de la République, mais aussi la montée d’un mécontentement de ceux qui, pris en otage dans ce conflit, sont pénalisés en premier lieux par les actions de blocage et des perturbations de l’activité économique et commerciale.

Nous nous devons de garder notre cohésion et une position lisible et justifiée auprès des salariés du groupe Carrefour. Nous faisons nôtres les propositions du secrétaire général de la confédération FORCE OUVRIÈRE, Yves Veyrier, à savoir :

> FO affirme l’urgence d’une augmentation générale des salaires, retraites et pensions. Cela passe en particulier par une augmentation du Smic, dont FO estime qu’il devrait être porté à 80% du salaire médian

> FO rappelle sa demande d’un moratoire sur les taxes, le temps de la concertation sociale indispensable est arrivé

> Une meilleure équité sur l’impôt pour une vraie justice fiscale

> FO dénonce les violences, elles sont inadmissibles, et fait part de son soutien aux agents en charge de la sécurité qui, à l’image de l’ensemble des agents de la Fonction Publique et des services publics, sont confrontés à la rigueur budgétaire

> FO revendique la mise en œuvre de négociations permettant de généraliser la prime transport

Michel Enguelz, Délégué de groupe FO Carrefour