3 questions à… Michel Enguelz, délégué FO Carrefour France

Les grandes conquêtes de FO Carrefour

23 mai 2018

Le représentant national du syndicat majoritaire dans l’enseigne de la grande distribution était vendredi à Aix-en-Provence, pour faire le point avec les salariés sur le « plan Carrefour 2022 ». Annoncé fin janvier par la direction, il prévoit la suppression de 2 400 postes et la sortie du groupe de 273 magasins. Fin avril, un accord sur le plan social a été signé avec les syndicats FO, CFDT et CGC.

Où en est-on des fermetures dans la région ?
En Paca, qui comporte aussi le littoral du Gard et de l’Hérault, 77 magasins sont concernés par les fermetures, dont 21 pour le moment devraient faire l’objet d’une mise en location-gérance. Il resterait donc une cinquantaine de magasins qui fermerait avec en moyenne 6 personnes par enseigne. Les Bouches-du-Rhône représentent un tiers de ces effectifs. C’est une zone historique avec beaucoup d’hypermarchés : Châteauneuf-les-Martigues, Port-de-Bouc, les Milles, Grand Littoral, Bonneveine, le Merlan, La Ciotat… Les reclassements sont plus faciles à gérer dans les hypers car il y a beaucoup plus de postes que dans les autres structures plus petites.


Où en est-on sur la mise en œuvre du plan ?

On est dans l’application de ses modalités et comment on aide individuellement les salariés. Après trois mois de bagarre, suite aux journées de grèves et de manifestations, l’entreprise a lâché beaucoup de lest mais cela ne veut pas dire que ça met un terme au projet de fermetures d’établissements. On a obtenu des garanties en matière de reclassement et sur les montants des budgets de formation.


De nouvelles mobilisations sont-elles dans les tuyaux ?

À ce jour, il n’est pas prévu des journées d’actions. Si malheureusement, on constatait le non-respect des engagements pris, on ne s’interdit rien. Mais je pense qu’aujourd’hui l’entreprise a compris qu’il fallait être un peu plus ouverte et ne pas faire d’erreurs sociales. On leur a démontré qu’on avait une capacité à mobiliser le terrain. La direction pensait que ça allait passer comme une lettre à la poste, ils se sont lourdement trompés.

Propos recueillis par F.C. pour La Marseillaise